J’ai lu : La Bonne Mère de Mathilda Di Matteo
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Dès les premières pages, La Bonne Mère m’a embarquée à Marseille.
Un voyage immédiat, sensoriel : on entend l’accent qui chante, on sent la bouillabaisse, le mistral, la corniche,…
Au cœur du roman, il y a Véronique.
La mère. Exubérante, volcanique, provocante, excessive. Une cagole, comme certains diraient avec mépris. « 𝗖𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝘃𝘂𝗹𝗴𝗮𝗶𝗿𝗲. 𝗠𝗼𝗶, 𝗷𝗲 𝗱𝗶𝗿𝗮𝗶𝘀 𝗾𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝘀𝗼𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲. 𝗨𝗻 𝘀𝗼𝗹𝗲𝗶𝗹 𝗱𝗲 𝗰𝗮𝗻𝗶𝗰𝘂𝗹𝗲, 𝗱𝘂 𝗴𝗲𝗻𝗿𝗲 𝗶𝗻𝗰𝗲𝗻𝗱𝗶𝗮𝗶𝗿𝗲.» Elle parle fort, jure beaucoup, et aime sa fille d’un amour viscéral. Une mère ultra protectrice, capable de menaces aussi outrancières que bouleversantes quand il s’agit de défendre son enfant : « 𝗟𝗲 𝘀𝗮𝗹𝗼𝗽𝗶𝗮𝘂𝗱. 𝗜𝗹 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮 𝘃𝗼𝗹é 𝗹𝗲 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝗶𝗹. (…) 𝗝𝗲 𝗹𝘂𝗶 𝗰𝗼𝘂𝗽𝗲 𝗹𝗮 𝗯𝗶𝘁𝗲 𝗲𝘁 𝗷𝗲 𝗺𝗲 𝗳𝗮𝗶𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗶𝗲𝗿 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘀𝗲𝘀 𝗰𝗼𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀.»
Face à elle, Clara, sa fille.
Brillante, studieuse, partie faire ses études à Paris. Son désir de s’élever socialement, sa honte de ses origines, sa difficulté à assumer d’où elle vient. Ce tiraillement constant entre l’amour pour sa mère et l’envie de s’en détacher.
Elle revient alors avec Raphaël, son petit ami parisien. « Le girafon », comme le surnomme Véro. Bon chic bon genre, conservateur, d’un autre pedigree. Tout ce que sa mère ne peut ni comprendre ni supporter.
Deux mondes s’affrontent. Deux France se regardent sans se comprendre.
Le décalage est là. Social. Culturel. Intime.
À travers une alternance de points de vue entre la mère et la fille, le roman aborde avec beaucoup de justesse des thèmes puissants : la relation mère-fille, le transfuge de classe, l’amour, l’amitié, la violence, la santé mentale, ou encore la santé mentale.
Malgré les tensions, et les incompréhensions, mère et fille restent profondément liées.
L’écriture de @mathilda.dimatteo est d’une précision remarquable. Chaque scène est visuelle.
J’ai été totalement happée par l’histoire et par ses personnages. La bonne mère sent la vraie France, la France populaire, celle qu’on caricature trop souvent mais qui déborde d’amour, de colère, de vie.
Un roman incarné, vibrant, solaire et douloureux à la fois. C’est cru, drôle, violent, bouleversant.
À découvrir sans hésiter.
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